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DiffServ

17 avril 2009 3 Comments Par Remy

Pré-requis : Ce billet fait suite au billet d’introduction à la QoS. Si vous souhaitez plus d’informations sur le fonctionnement général, je vous invite donc à en prendre connaissance auparavant : http://www.telecom-reseaux.net/reseaux/introduction-a-la-qualite-de-service-qos-167

DiffServ (Differenciated Services Code Point) est une approche permettant la gestion de la QoS sur un réseau IP. Nous allons détailler ici son fonctionnement et ses subtilités.

Le nom de cette approche provient du champ qu’elle utilise au niveau de l’entête IP, le champ DSCP. Ce champ, codé sur 6 bits (ex champ Type Of Service remanié par l’IETF) et, en règle générale, définit par les routeurs de périphérie, permet d’indiquer aux  routeurs de coeur le comportement à adopter en fonction de sa valeur. C’est ce qui s’appele le PHB, pour Per-Hob Behaviour (Comportement par saut). Dans la terminologie DiffServ, on évoque le domaine DiffServ qui n’est ni plus ni moins que la zone comprenant les routeurs de périphérie qui appliquent les politiques de QoS définies (en entrée et en sortie) ainsi que les routeurs de coeur qui traitent ces informations. Par ailleurs, il existe aussi le concept de région DiffServ qui un agrégat de plusieurs domaines DiffServ devant s’accorder sur des politiques de QoS.

L’approche DiffServ définit trois classes de traitement à appliquer :

  • Expedited Forwarding (EF)
  • Assured Forwarding (AF)
  • Best Effort (BE)

Comme son nom le suggère, la classe EF est utilisée pour les flux les plus critiques. On retrouve parmi ceux-ci les flux temps réels (voix et vidéo par exemple) et qui nécessite une gigue très faible et une certaine garantie de bande passante. La classe AF regroupe quant à elle 4 classes de priorité (plus communément appelés Platinium, Gold, Silver, Bronze par ordre décroissant de priorité) elles-mêmes découpées en 3 niveaux de priorité. Enfin, la classe Best Effort n’applique aucun traitement de priorisation sur les paquets qui sont donc censés être les derniers à arriver (si le trafic réseau le permet).

Le tableau suivant résume les priorités observées par les différentes classes disponibles via DiffServ :

tableau_diffserv

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En cas de congestion au sein d’une des classes AF, les paquets étant marqués avec la precedence la plus basse seront systématiquement rejetés en premier. La classification des paquets réalisée au niveau des routeurs peut être de deux types différents :

  • Behaviour Agregate
  • MultiField

La première est en général plus appliquée au niveau des routeurs de coeur, pour limiter les traitements requis par l’équipement pour traiter les paquets. Il consiste à effectuer la classification uniquement en fonction du champ DSCP du paquet, en trustant donc la valeur lue. La seconde, plus située au niveau des routeurs de périphérie, établit la classification en fonction du champ DSCP en complément d’autres paramètres, tels que les adresses IP sources et destinations, les ports sources ou destination etc …

DiffServ est de nos jours très utilisés par sa simplicité d’implémentation et son efficacité relative, mais cette approche ne permet pas d’optimiser les garanties de transport de certains flux qui devront être traités avec une autre approche.

3 Commentaires »

  • Henri dit:

    Bonjour et merci pour votre article!

    Je me posais juste une question : existe-t-il une quantité minimum de trafic « best effort » nécessaire pour que diffserv fonctionne ?

    Merci !

    Henri

  • Remy (Auteur) dit:

    Bonjour,

    A ma connaissance non ! Il n’y a pas ici d’échanges protocolaires entre les équipements gérant leur QoS via DiffServ, mais il s’agit simplement des techniques de marquage et de classification qui permettent une fois appliquées de respecter la politique de qualité de service globale sur le périmètre réseau nécessaire.

  • Henri dit:

    Merci pour ce retour !

    En fait, je pense avoir mal formulé ma question.
    Pour que du trafic puisse être prioritaire, il faut qu’il y ait du trafic non prioritaire. Raisonnement par l’absurde : si tout le trafic est prioritaire, on ne sait plus gérer la priorité, quelle que soit la méthode de marquage.
    La question que je me pose est donc se savoir en pratique quelle est la quantité minimum de trafic non prioritaire à maintenir. 40 % ? 60 % ? En dessous, intuitivement, je me dis que ça doit bloquer.
    Qu’en pensez-vous ?

    Merci

    Henri

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